Marché mondial de la noix de coco

  • Publié le 30/10/2011 - Elaboré par GERBAUD P.
  • FruiTrop n°193 , Page 32 à 40
  • Gratuit

Un potentiel qui se heurte à la coque

A l’instar du fruit de la passion, la noix de coco reste un produit largement plus connu sous forme transformée qu’à l’état frais. L’industrie de transformation a depuis longtemps jeté son dévolu sur ces fruits tropicaux riches en saveur et en possibilités d’utilisation, alors que le marché à l’état frais demeure minoritaire en termes de volumes. Plus encore que d’autres produits, la noix de coco se retrouve sous des formes extrêmement diverses, non seulement dans le secteur alimentaire mais également dans bien d’autres domaines comme la cosmétique, la construction et la pharmacopée. Véhiculant une image fortement marquée d’exotisme, ce fruit se heurte à son manque de praticité qui le confine à une part limitée à l’état frais dans les linéaires des distributeurs. Cependant malgré cette place marginale, la commercialisation de la noix de coco fraîche est en évolution sur les marchés européens. Quelques innovations tendant à réduire l’obstacle du décorticage pourraient relancer sa consommation dans l’avenir…

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La production dans le monde

Avec 60.7 millions de tonnes (FAO) produites en 2008, la noix de coco est le sixième fruit le plus cultivé au monde et cela à travers plus de 90 pays. Au cours de la dernière décennie, la production a augmenté de 19 % (50.8 millions de tonnes en 2000). L’Asie et le Pacifique représentent 86 % de la production mondiale, l’Amérique latine et les Caraïbes 10 % et l’Afrique 3 %. Plus de 70 % de la production mondiale se concentre dans seulement trois pays : l’Indonésie (32 %), les Philippines (25 %) et l’Inde (18 %). Loin derrière se trouvent le Brésil, le Sri Lanka, la Thaïlande, le Mexique et le Vietnam. La Côte d’Ivoire et la République dominicaine n’arrivent qu’en 22e et 28e positions.

Le cocotier est essentiellement une culture de paysannat et 6 % seulement de la production mondiale serait issue de grandes exploitations.

Noix de coco coupe

Les exportations

Le commerce de la noix de coco est majoritairement tourné vers les produits transformés. Ainsi, seulement 0.6 % de la production mondiale fait l’objet d’échanges internationaux sur le marché du frais. A part l’Indonésie, les principaux pays producteurs ne sont pas les principaux pays exportateurs.

Les exportations de noix de coco ont progressivement augmenté au cours de ces dernières années. Elles atteignaient 360 000 t en 2008 contre 222 000 t en 2000, soit un accroissement de 62 %. Cette augmentation globale pourrait être due à une hausse de la consommation par habitant, au développement démographique et à la mondialisation des échanges.

L’Asie, en contribuant pour 77 % aux exportations mondiales, est le premier fournisseur de noix de coco. Les principaux pays exportateurs asiatiques sont le Vietnam, l’Indonésie, le Sri Lanka et la Thaïlande, puisqu’ils représentent respectivement 34 %, 31 %, 11.4 % et 11.3 % de la totalité des exportations provenant d’Asie.

Pour approvisionner le marché mondial, d’autres origines sont présentes comme les pays d’Amérique latine ou d’Afrique de l’Ouest. Avec 12 % des exportations totales, les pays latino-américains forment le deuxième fournisseur mondial de noix de coco, loin derrière les pays asiatiques. Les deux principales origines sont le Mexique et la République dominicaine, qui approvisionnent les régions nord-américaines et plus faiblement l’Europe.

L’Afrique, quant à elle, exporte deux fois moins que l’Amérique latine et approvisionne essentiellement l’Europe. Avec 95 % des exportations africaines, la Côte d’Ivoire contribue à la quasi-totalité des exportations de ce continent.

coconut 2
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Les importations

L’Asie, première région exportatrice de noix de coco, en est aussi la première zone d’importation. En effet, le marché asiatique absorbe 66 % de la totalité des importations, dont la plus grande part provient des mêmes pays asiatiques qui dominent largement la production mondiale. Ainsi la Chine et le Japon s’approvisionnent majoritairement auprès de leurs voisins, le Vietnam par exemple. L’intensité des échanges de la zone asiatique s’explique par les habitudes alimentaires (consommation à l’état frais mais aussi et surtout transformé) de ces pays qui auto-consomment une large part de la production.

L’Europe est le second centre d’importation de la noix de coco avec 34 000 à 35 000 tonnes par an. Même si les volumes ont progressé de 17 % de 2000 à 2009, les importations européennes sont assez stables. Les principaux pays fournisseurs sont la Côte d’Ivoire (31 %), le Sri Lanka (26 %) et la République dominicaine (20 %) qui représentent à eux trois 77 % de la totalité des importations européennes. Cet apport est complété par d’autres origines comme l’Indonésie, le Costa Rica, les Philippines et la Thaïlande qui fournissent respectivement 5.3 %, 4.7 %, 4.5 % et 2.6 % des quantités expédiées en Europe.

Les volumes importés en Europe sont réguliers par fournisseur. Seuls les apports de la République dominicaine se sont fortement amoindris entre 2000 et 2009, partiellement compensés par ceux du Sri Lanka.

Les principaux pays importateurs européens sont les Pays-Bas (33 %), le Royaume-Uni (19 %), l’Italie (16 %), la France (9 %) et l’Espagne (8 %), ce qui représente 85 % des importations. Les Pays-Bas, premier pays importateur européen, réexpédient 60 % de leurs importations totales vers leurs partenaires communautaires. Ils s’approvisionnent directement auprès des pays producteurs (13 500 t), mais aussi indirectement auprès d’autres pays communautaires (1 800 t).

Le Royaume-Uni et l’Italie se fournissent, quant à eux, directement auprès de pays producteurs et importent peu de leurs partenaires européens. L’Espagne se fournit majoritairement auprès des pays producteurs et réexporte en moyenne 50 % de ses quantités vers les autres pays européens. La France importe autant de noix de coco provenant des pays producteurs que des autres pays européens comme les Pays-Bas.

Ainsi, les échanges intra-communautaires se sont accrus ces dernières années permettant une meilleure diffusion du produit. Les flux d’importation des différents pays de l’Union européenne semblent encore déterminés partiellement par l’héritage du passé. La majorité des noix de coco importées au Royaume-Uni proviennent du Sri Lanka alors que celles proposées sur le marché français sont expédiées de Côte d’ivoire.

Le marché nord-américain importe des quantités légèrement inférieures à celles de l’Union européenne. Contrairement à la logique géographique, c’est la Thaïlande qui se hisse à la première place des fournisseurs, suivie par le Mexique et la République dominicaine.

Les prix

Les prix de la noix de coco en Europe sont stables. Les prix moyens sont de 14 à 15 euros pour un sac de 50 pièces, de 11 à 12 euros pour un sac de 40 pièces, de 8 à 9 euros pour un colis de 15 à 16 pièces et de 5 à 6 euros pour un colis de 8 pièces. Mais le prix est fonction de l’origine des noix, les fruits en provenance de République dominicaine, du Costa Rica et du Sri Lanka étant souvent plus onéreux (environ 19 euros le sac de 40) que ceux venant de Côte d’Ivoire (environ 11.50 euros le sac de 40). Cette variation de prix découle des coûts à la production, du transport, mais également de la taille moyenne des noix. Les fruits ivoiriens, généralement plus petits, connaissent une décote par rapport à ceux des origines concurrentes. Au stade importateur, le prix des noix de coco vendues en colis (donc reconditionnées) oscille entre 0.40 et 0.80 euro/pièce suivant la qualité, l’origine et éventuellement la période de l’année.

Certains événements exceptionnels peuvent également entraîner des variations ponctuelles sur la valeur du produit. Ainsi, le tsunami qui a touché le Sri Lanka en décembre 2004 a provoqué d’importants dégâts dans les plantations, annihilant toute possibilité d’exportation durant une longue période. Le déficit quantitatif sur les marchés de consommation s’est rapidement traduit par une hausse des prix, compte tenu de l’importance de cette origine dans la fourniture de noix de coco.

De même, de février à avril 2011, les événements politiques en Côte d’Ivoire ont entraîné la suspension des exportations vers les marchés extérieurs et par là même un renchérissement des cours sur les marchés européens. La raréfaction de l’offre ivoirienne s’est traduite, notamment sur le marché français, par une élévation des prix qui sont passés de 0.40-0.60 euro/pièce à 0.80 euro/pièce, jusqu’au mois de juin où le déficit s’est comblé progressivement.

La qualité de la noix de coco à l’importation

En dépit de son apparente robustesse, la noix de coco, comme tout autre fruit, connaît des défauts qualitatifs pouvant influer sur les conditions de vente. La constitution du fruit rend difficile l’appréciation de sa qualité et de sa fraîcheur. On estime le temps de conservation des noix autour de 2 à 3 mois, mais ce délai dépend des conditions de stockage. Les noix de coco sont généralement transportées depuis l’origine à des températures entre 8 et 12°C. Au stade importation, la température de conservation se situe autour de 10°C. En revanche, en aval, le produit est souvent stocké à température ambiante, peu favorable à la préservation des qualités du fruit. Il est par ailleurs difficile de connaître les délais supportés par les noix entre leur récolte et leur exportation du pays producteur. Pour s’assurer de leur fraîcheur, certains importateurs demandent aux expéditeurs de procéder à des tests à l’origine en cassant un nombre représentatif de noix par lot. A la réception, la vérification de la qualité peut s’effectuer en contrôlant qu’elles possèdent bien leur liquide interne et que leurs « yeux » ne présentent pas de germination.

Les principaux défauts relevés sur les noix de coco sont :

  • les noix cassées à la suite des manipulations des sacs ;
  • les noix mouillées par le jus des fruits voisins, terrain propice au développement de moisissures
  • la germination des « yeux ».

La résistance de la coque dépend des variétés commercialisées. Par exemple, les noix « GOA » (Grand Ouest Africain) offrent une coque plus épaisse que le cultivar « PB 121 » (variété hybride). Ces dernières, plus fragiles, présentent un risque plus important de noix cassées dans les lots commercialisés.

Noix de coco importations UE
Noix de coco évolution importationsPNG

La consommation en Europe

La consommation des noix de coco n’est pas très élevée en Europe et n’évolue guère depuis ces dernières années. Certains professionnels estiment qu’un foyer consomme en moyenne un fruit tous les 4 ans. La noix de coco reste un complément de la gamme des fruits exotiques, souvent peu valorisé par les distributeurs. Pourtant, elle véhicule une forte image d’exotisme, non seulement du fait de sa plante et de ses provenances lointaines, mais également par le goût et la texture de sa chair si particulière et largement appréciée. Elle est de plus très connue du public par la large gamme de produits transformés auxquels elle est associée (biscuits, boissons, crèmes glacées, cuisine exotique, etc.). Le principal frein à sa consommation réside dans son manque évident de praticité. La dureté de sa coque et la méconnaissance des consommateurs des méthodes d’ouverture de la noix la relèguent à un rôle secondaire dans la gamme exotique, sans rapport avec son image. Des tentatives innovantes ont été ponctuellement développées pour faciliter son ouverture (pré-découpage selon plusieurs procédés), mais sans jamais parvenir à un système réellement pratique et économiquement satisfaisant.

L’association avec des produits transformés à base de noix de coco (boissons, fruits séchés, etc.) a constitué un axe de recherche marketing pour promouvoir sa consommation. Les résultats obtenus ne semblent pas avoir été à la hauteur des espoirs fondés par ses promoteurs. Les seules directions qui paraissent actuellement bénéfiques pour augmenter la consommation s’articulent d’une part vers les marchés ethniques (composés de consommateurs plus avertis sur les modes d’utilisation) et le secteur des produits de quatrième gamme. La présentation de segments de chair de noix de coco en barquettes dans les linéaires des supermarchés est de nature à inciter le public européen à reconsidérer plus favorablement ce fruit. Cette orientation n’est en fait que la transposition d’anciennes pratiques de consommation à travers les vendeurs ambulants ou forains qui jalonnaient naguère les rues des villes et les allées des parcs.

La consommation de la noix de coco reste assez régulière au cours de l’année. Elle connaît toutefois quelques périodes d’accélération durant l’été et, comme l’ensemble des fruits exotiques, au moment des fêtes de fin d’année. Mis à part son intense image exotique, la noix de coco possède un atout non négligeable : son prix. Elle est proposée à un prix peu élevé et très inférieur à celui des autres produits tropicaux. Elle se différencie également par sa forme, sa couleur et son originalité, celle de proposer dans un même produit un liquide à boire et une chair à déguster.

Noix de coco origine importations
Noix de coco orgines
Noix de coco calendrier importations
Noix de coco calendrier 2 PNG

Innovations sur la noix de coco

En Europe, les innovations pour promouvoir les ventes de noix de coco restent peu nombreuses et les tentatives menées ont rarement été de francs succès. La mise au point d’un pré-découpage de la coque s’avère techniquement ardue et économiquement peu rentable au regard du prix de vente du produit au stade de détail. Une autre technique a également été développée avec l’insertion d’un fil métallique pour découper la noix, sans plus de résultats probants.

Les innovations orientées vers la consommation de l’eau de coco paraissent plus prometteuses. L’une d’entre elles consiste en un trou dans la coque muni d’un opercule que le consommateur peut aisément retirer afin de glisser une paille par l’orifice. Une autre concerne des noix non matures dont la bourre est taillée en forme de paillotte. Le perçage de la noix est facile pour introduire une paille et déguster l’eau de coco. Ces noix sont le plus souvent emballées dans un film thermo-rétractable et proposées en Europe dans les magasins spécialisés dans l’alimentation asiatique. La Thaïlande semble être l’un des plus importants fournisseurs de ce type de noix préparées. Cette origine développe d’ailleurs des variétés de cocotiers « aromatiques ».

Le secteur des boissons à base de noix de coco constitue un marché conséquent qui s’est fortement développé depuis ces dernières années. Au Brésil, par exemple, il représente un chiffre d’affaires annuel d’environ 300 millions de dollars. L'eau de coco en Tetra Pak connaît un grand succès aux USA et dans les pays anglo-saxons européens. Recommandée par la FAO, cette boisson issue de l’eau de noix de coco vertes est valorisée pour ses vertus sur la santé (pauvre en hydrates de carbone, pauvre en graisses, riche en éléments minéraux, etc.) et notamment pour ses bienfaits sur la réhydratation du corps, adoptant l’appellation « Fluid of life ». La noix de coco est bien sûr largement utilisée dans la composition de multiples boissons alliant d’autres ingrédients. Ce secteur connaît un développement nettement plus important que le fruit lui-même, évacuant ainsi le problème de sa difficulté de consommation.

La présentation en quatrième gamme de morceaux de chair de noix de coco en barquettes semble bien être l’innovation majeure pour le fruit traditionnellement importé. Transformé en Europe, le produit est vendu au rayon frais et se conserve trois semaines environ .

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